PETROVITCH

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  Les ADO, 1999-2002  
         
                 
         
                 
 

L’enfance est encore là, dans un arrière-plan dessiné d’un crayon léger, un coloriage qui évoque les toiles de fond peintes chez les photographies du début du siècle – mais elle va disparaître, s’évanouir. Dans les grands portraits, elle n’y est déjà plus. Les personnages sont adossés à rien. Au vide.

 

La peinture va vite, elle bouge, elle bave même. Elle montre le tremblé d’une chair qui n’a pas finit de grandir, de “prendre”. La peinture ne fige pas, n’évoque pas ; elle est au présent.

Pour ses portraits d’adolescents, cette façon de peindre “colle” au sujet : c’est-à-dire que c’est la seule possible, c’est évident. Elle débarbouille la banalité pour révéler du réel là où le pinceau la balayée. Tout y est bougé, incertain, pas net… Et pourtant ces jeunes posent, exposent leur présence, parfois monumentale : ils se tiennent un moment face à nous, nous regardent – frime ou mélancolie. Une gelée de réalité brille et se fige un instant sur la toile, puis se remet à couler, se déplace, insaisissable, déjà ailleurs. Dans cet au delà de nous que fixe le regard brouillé du modèle, en nous traversant. […]

 

Cette série s’appelle Périphérie – référence socio-économico-urbaine située dans le temps et dans l’espace. Mais ce qui s’y passe est au centre de chaque tableau, bien au centre. Dans ce qui s’embrouille et se démêle, rapidement, à chaque fois sur la toile : une jeune vie, une santé urgente.

 

Extrait d’un texte de Marie-Christine Gayffier, 1999.