PETROVITCH

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Poupée

 
         
                 
         
                 
         
                 
 

Avec leurs corps meurtris, leurs regards percés, leurs membres tronqués, leurs articulations déjantées, les Poupées de Françoise Pétrovitch figurent une troublante humanité. Couvertes de bleus et de meurtrissures, elles offrent à voir des nudités chétives et maladives comme si une gangrène irréversible les avait contaminées. D’autant que l’usage du lavis d’encre que le papier se fait un malin plaisir d’absorber en atrophie à l’excès l’anatomie. De plus, le mode de la série dans lequel l’artiste décline ses Poupées et la façon qu’elle a d’en épingler l’image peinte excèdent cette impression de malaise qu’elles imposent au regard. Mais curieusement, dès lors qu’il s’y est posé, celui-ci ne parvient pas à s’en détacher, comme si quelque chose tout à la fois de repoussant et de fascinant était ici à l’œuvre. Quelque chose d’une violence et d’une tendresse, d’une laideur et d’une beauté.

                                             

 Philippe Piguet