Françoise PÉtrovitch
Ne bouge pas poupée
1er février – 15 mars 2008
L’exposition personnelle de Françoise Pétrovitch à la galerie RX regroupera trois travaux distincts :trois sculptures de verre - une dizaine de dessins au lavis d’encre de la dernière série Féminin/Masculin – un ensemble de lavis d’encre de la série Poupée.
Françoise Pétrovitch décline le thème de la poupée en recourant à deux médiums distincts : le lavis d’encre et le verre soufflé. Montrée jusqu’à ce jour sous forme de dessin, la poupée apparaît énigmatique : meurtrie, démembrée, atrophiée et écorchée. Aujourd’hui, elle les matérialise en 10 poupées de verre soufflé, série intitulée « Ne bouge pas poupée ».
Ces poupées de verre à la fois sublimes et inquiétantes soulignent avec pudeur la fragilité de l’enfance et par leur effet miroir évoquent les sentiments enfouis, parfois oubliés, qui sommeillent en chacun de nous. C’est une oeuvre sensible, à la lisière des possibilités du matériau, à la limite du réel, simplement magique.
« […] Supporters, Présentation, Tenir debout, Poupées, Twins, Masculin/Féminin… : ce sont là quelques-unes des séries de dessins que Françoise Pétrovitch a réalisées au cours de ces dernières années. Elles mettent en scène des figures de jeunes filles et de jeunes garçons, généralement anonymes – exception faite d’un ensemble dont son fils est le héros.
Celles-ci se présentent selon le cas, tantôt en entier, tantôt en partie, le plus souvent isolées, parfois entichées d’un animal ou d’un objet, toujours traitées dans une matière fluide qui leur confère une certaine papier, ces figures s’en détachent dans la fragilité de leur silhouette tout en faisant corps avec le support sur lequel l’artiste les a projetées.
Si leur attitude en suspens ne s’accorde avec aucune narration particulière pour ne rien expliciter de leurs faits et gestes, du moins de ce qui motive ceux-ci, leur présence est telle qu’on ne peut les oublier sitôt qu’on les a croisées.
C’est que l’art de Pétrovitch est requis par la mémoire. Une mémoire non pas individuelle mais collective, une mémoire plus ou moins partagée, consciemment ou non, et dont l’artiste nourrit chacun de ses actes.
Ce qu’elle nous raconte ne tient d’aucun fil discursif mais d’arrêts sur images dont la force de signe l’emporte sur toute relation historiée. […] »
Philippe Piguet
Extrait de la préface du catalogue d'exposition Françoise Pétrovitch au Musée d'art moderne de Saint-Etienne.